L’organisation en aval permettra la constitution de groupements de concassage. Ces groupements formés en totalité des femmes des douars où il y a une production substantielle, auront des liens étroits avec les structures d’extraction. Ces liens doivent être formels et institutionnalisés par l’adhésion ou à travers des relations contractuelles d’achat et de vente.
En amont, les structures de production doivent s’organiser pour un meilleur écoulement au niveau local et à l’exportation. Le projet arganier, dans le cadre de vision filière, envisage de (a) renforcer l’organisation professionnelle et de (b) mettre à niveau le secteur notamment les coopératives de production de l’huile d’argane.
a-Renforcer l’organisation professionnelle :
Les organisations professionnelles sont deux types :
- Une interprofession qui va fédérer les deux associations professionnelles des coopératives et des producteurs privés et dont la principale mission est la défense des intérêts du secteur;
- Des groupements types union, GIE ou autres qui sont spécialisés dans la commercialisation des produits des leurs membres. Ces groupements permettent une meilleure économie d’échelle et positionnement sur le marché.
b- Mettre à niveau le secteur :
A ce niveau, la stratégie du projet repose sur (i) des actions sectorielles et (ii) des actions spécifiques aux coopératives.
(i) Actions sectorielles : sont des actions transversales à toute la filière arganière et dont les bénéficiaires sont les acteurs eux-mêmes. Ces actions ont un impact positif sur la mise à niveau du secteur. A titre d’illustration, l’amélioration des procédés technologiques depuis la collecte jusqu’au produit final aura un impact sur l’ensemble des acteurs. Le guide de bonnes pratiques, les normes, la labellisation AOC ou Bio concernent tous les producteurs privés et coopératifs.
(ii) Actions spécifiques aux coopératives : Sont des actions centrées sur les coopératives et leurs groupements et dont l’objectif est la mise à niveau de ces structures sur tous les plans : structures, technologies, ressources humaines, organisation, commercialisation et qualité. La mise à niveau de ces coopératives, considérées comme locomotive du secteur, engendrera une dynamique globale pour toute la filière.
Gestion des Ressources Naturelles (GRN) :
L’arganier en tant que ressource naturelle est au centre de cette approche. Une exploitation de cette ressource qui ne se préoccupe pas de la gestion rationnelle peut conduire vers un désastre. L’Arganeraie se dégrade annuellement sous l’effet des différents facteurs (humain, animal, naturel…). L’Arganeraie a été reconnue par l’UNESCO en 1998 en tant que Réserve de Biosphère. Cependant, la population qui l’exploite et les pouvoirs publics restent peu sensibilisé de l’intérêt de ce patrimoine mondial. Les actions de plantation ou d’aménagement sylvo –pastoral réalisés à grande échelle, en absence de l’implication effective de la population, ont démontré leurs limites.
L’approche GRN du projet arganier est basée sur les principes de partenariat, de participation et d’appropriation :
• Partenariat : La préservation et la gestion durable de l’Arganeraie sont un objectif fédérateur pour mobiliser l’ensemble des partenaires (Administration, population locale, instances politiques, sociétés civile…) .
• Participation : La participation de tous les partenaires dans la planification et dans la réalisation d’actions relatives à la préservation et au développement de l’Arganeraie.
• Appropriation: La durabilité et la réussite de toutes les actions suppose que les populations locales s’approprient les actions réalisées.
Approche de Développement local:
Le développement de la filière et la gestion durable de l’Arganeraie ne peuvent à eux seuls avoir un impact significatif sur le développement de la région en absence d’une approche de développement local. Ce développement, basé sur les mêmes principes précités, est axé sur trois domaines d’intervention : le renforcement institutionnel (RI) des partenaires, les infrastructures de base (ISDB) et les activités génératrices de revenus (AGR).
Tous ces projets ont pour objectif de renforcer la dynamique locale dans les sites d’intervention du projet. Ce sont donc des mesures d’accompagnement aussi important voir même primordial pour la population locale.
Cohérence et complémentarité des approches:
Il n’est toujours pas facile de démontrer la cohérence et la complémentarité de trois approches différentes dans le cadre d’une vision unique d’un projet. Mais, faut il dire que les spécificités de l’Arganeraie font que l’atteinte des objectifs du Projet Arganier nécessite un tel exercice.
De manière grossière, le projet arganier vise à ce que la population notamment les femmes rurales tirent un profit économique de l’Arganeraie grâce à une filière performante et génératrice de valeur ajoutée (Filière). L’intérêt que constituera l’arganier pour la population en tant que source de revenu impliquera une forte mobilisation pour sa préservation et son développement (GRN). Un tel développement nécessite de surpasser au préalable les besoins prioritaires de la population (ISDB), de renforcer leurs capacités pour une meilleure responsabilisation (RI) et le développement de revenus additionnels ou alternatifs par les AGRs.
Afin de tester et de valider cette complémentarité entre ces approches, une commune pilote par province a été sélectionnée. La démarché d’intervention consiste en la mise en œuvre d’un programme qui intègre les trois dimensions : Filière, GRN et DL. Dans chaque commune, un programme sera monté en partenariat avec les associations, la commune et les coopératives.
L’objectif est :
- D’appuyer la mise en place d’une coopérative communale et des groupements féminins au niveau des douars ;
- De réaliser des actions de préservation,
- De réaliser des projets de développement local.
Les résultats obtenus des expériences pilotes permettront de reproduire ces expériences dans d’autres zones de l’Arganeraie